mardi 2 avril 2013

Saez - Miami






Artiste : Saez


Album : Miami


Label : Cinq 7


Sortie : 18 mars 2013


Tracklist : 

1. Pour Y Voir ( 4:44 )
2. Les Infidèles ( 3:58 )
3. Rochechouart ( 4:54 )
4. Miami ( 5:04)
5. Le Roi ( 5:40 )
6. Des Drogues ( 5:03 )
7. Cadillac Noire ( 4:27 )
8. Rottweiler ( 4:41 )
9. No More ( 4:51 )
10. Que Sont-Elles Devenues ( 4:38 ) 

Chronique :   

Rien ne sert de présenter Damien Saez, devenu populaire en 1999 avec son tube Jeune Et Con. Ce titre, pas vraiment intéressant ni vraiment engagé, a à l'époque touché la jeunesse France qui s'est mise à idolâtrer Saez. Cela peut se comprendre, Saez étant l'exemple même du jeune pseudo-révolté qui ne veut pas bouger ses fesses pour changer les choses. Un résumé de la jeunesse que nous étions et que nous sommes. Bref Jeune Et Con n'est qu'un titre banal et je n'ai jamais vraiment compris son succès. Ne m'étant jamais trop intéressé à Saez, il a toujours gardé l'image en moi du mec qui faisait mouiller les jeunes filles de 15 ans pendant les années 2000. La cyprine coulait à flots durant ses concerts ( comme durant ceux de Patrick Bruel ). Mais passons, aujourd'hui ses fans ont la vingtaine et l'idolâtrent toujours autant. Je crois que s'il sortait un album uniquement composé de pets, ses fans y verraient un album corrosif et subversif, révélateur de notre société. Tout cela me dépasse un peu. 

Je me suis un peu intéressé à Saez en 2010 lorsqu'il a sorti l'album J'accuse. Je me suis dit en moi-même : "Il faut vraiment être prétentieux pour sortir un album évoquant ainsi Zola, ou alors il faut vraiment que l'album soit énormissime." Quelle déception après l'écoute! L'album ressemble à des complaintes d'un ado de 16 ans. voici un bref résumé de J'accuse : " On peut plus fumer dans les bars, c'est nul! Wouah, les riches ils volent nos sous pour être encore plus riches car ils sont méchants! Et puis les jeunes filles dans les lycées elles s'habillent toutes en putes". Bref, on est très loin de Zola. Et musicalement, c'est vraiment pas intéressant. Voilà le constat qu'on pourrait également dresser de Miami son dernier album. En fait, dans le cas de Miami, il suffit de regarder la pochette pour comprendre que Saez a au moins 20 ans de retard. Oui, il y a 20 ans cela aurait été provoquant mais aujourd'hui franchement, croit-il vraiment être le premier à mélanger catholicisme et sexe? La pochette est juste pitoyable. S'il avait remplacé la Bible par le Coran je me serai dit : "Ah quand même ce mec a des couilles!". Mais là c'est vraiment la couille molle qui veut passer pour une couille pleine (cela pourrait faire un joli conte pour enfants). Tout le monde tape depuis des années déjà sur le catholicisme. Sur Miami, Saez reprend une partie des thèmes qu'il avait abordé sur J'accuse, c'est à dire les filles qui s'habillent comme des putes (merci de nous faire prendre conscience de ça Damien, merci) et les gens méchants avides de pouvoir (Oh! les saligauds ). Il parle également des drogues, d'enfoncer des cigares dans les cuisses de demoiselles ( car Saez est considéré comme un poète ne l'oublions pas ). Bref Saez ressasse toujours un peu les mêmes thèmes, certainement par manque d'inspiration. Il y a quelques références littéraires, Cadillac Noire évoque American Psycho de Bret Easton Ellis ( excellent bouquin que je vous conseille de lire si ce n'est pas déjà fait; la chanson est quand à elle bien plus anecdotique ) et Les Infidèles évoquent de façon pitoyable Boris Vian ( Saez beugle qu'il ira cracher et baiser sur nos tombes ) qui doit d'ailleurs se retourner dans sa sépulture en entendant cette chanson. L'album recèle quelques arrangements qui auraient pu être sympas ( je pense au début de Le Roi  par exemple ) mais que Saez gâche vite par son texte et des ruptures musicales plus que douteuses. Vous l'avez bien compris, l'album ne brille pas par ses textes ( bien trop fades et faciles pour un artiste qui se veut révolté ) ni par son instrumentation ( il se sent obligé de se la jouer parfois rock lourd pour appuyer un côté révolté qu'il n'a pas ). Je me demande parfois si Saez est réellement un mec révolté dans la vie ou juste un pur produit marketing visant à toucher une génération de gens paumés facilement impressionnables. Je vous laisse le soin de juger de cela.

Ecoute de l'album pas vraiment recommandée ( sauf si vous avez 50 minutes à perdre ). 


Note indicative : 2 / 10

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire