mardi 5 mars 2013

Ulrich Schnauss - A Long Way To Fall




Artiste : Ulrich Schnauss


Album : A Long Way To Fall


Label : Scripted Realities


Sortie : 18 janvier 2013


Tracklist : 

1. Her And The Sea ( 5:07 )
2. Broken Homes ( 7:35 )
3. Like A Ghost In Your Own Life ( 5:49 )
4. A Long Way To Fall ( 6:07 )
5. I Take Comfort In Your Ignorance ( 5:58 )
6A Forgotten Birthday ( 7:02 )
7. The Weight Of Darkening Skies ( 5:25 )
8. Borrowed Time ( 4:51 )
9. Ten Years ( 6:06 )
10. A Ritual In Time And Death ( 7:21 ) 

Chronique :   

Ulrich Schnauss est né en 1977 à Kiel en Allemagne. Très jeune, il commença à jouer du piano et à s'intéresser à la musique et notamment au Shoegazing, courant musical dont My Bloody Valentine, Slowdive ou encore Tangerine Dream sont de dignes représentants. Le Shoegazing est proche de ce qu'on appelle la Dream Pop et s'appuie notamment sur des sonorités très mélodiques visant à installer une ambiance de rêve. Les Shoegazers ne font donc pas que regarder leurs pieds mais ils contemplent également le ciel avec mélancolie. J'imagine aisément notre cher Ulrich au milieu des années 90 en adolescent timide, voire complexé. Il était certainement déjà un virtuose du piano et des synthétiseurs comme en témoigne ses premières compositions dès 1995. Mais c'est en 2001, quand il sort l'album Far Away Trains Passing By que le jeune prodige allemand se fait remarquer. L'album est certes imparfait mais on y décèle déjà tous les ingrédients qui feront de lui un dine représentant du Shoegazing : des nappes synthétiques belles à en pleurer. Il suffit d'écouter Blumenwiese neben Autobahn pour se convaincre du potentiel de l'artiste. En 2003, Ulrich Schnauss enfonce le clou avec un album nommé A Strangely Isolated Place qui s'imposera vite comme une référence du genre. Débutant avec un Gone Forever de toute beauté ( et sur lequel j'ai pleuré sans honte ), Ulrich Schnauss déroule sur tout l'album sa virtuosité en nous emmenant loin loin grâce à ses mélodies raffinées qui nous invitent à voyager. Prenez un casque, fermez les yeux et lancez l'album, vous serez immédiatement transporté. C'est ce qu'on appelle le talent. Les albums suivant restent dans la même veine et maintiennent une qualité remarquable. On notera d'excellentes collaborations avec Mark Peters ( du groupe Dream-Pop Engineers ) et le tout bonnement génial danois Jonas Munk ( connu sous le pseudo Manual, un autre grand nom du Shoegazing ).


A Long Way To Fall est le quatrième album solo de Ulrich Schnauss sous son vrai nom.  Pas de grosses surprises à l'horizon, on y retrouve le son qu'on aime tant chez lui. Les synthés sont réglés avec minutie en mode rêve. Dès le premier titre Her and the Sea, un sourire béat est apparu sur mon visage. Ulrich Schnauss n'a rien perdu de son talent, le synthé est toujours impeccablement maîtrisé, me transportant, me surprenant. Je ne résiste pas bien longtemps, ce qui n'est pas plus mal vu que je n'ai jamais voulu lutter. Broken Homes est peut-être le titre le plus surprenant. Etrangement calme, presque en entière rupture, il est loin d'être le meilleur titre de l'album. Heureusement la suite est plus intéressante et la magie continue à opérer. Et je me demande : "Mais comment fait-il pour faire ressentir autant de mélancolie avec des synthés?". Et je n'ai pas de réponses. Et ce n'est pas si grave car je suis transporté ailleurs. Je suis seul, assis sur l'herbe froide. Il fait nuit, les étoiles illuminent le ciel. Je pense à ma vie, à ma jeunesse maintenant derrière moi. Des larmes me viennent aux yeux. Je me vois adolescent, souriant, insouciant, regardant timidement la plus jolie fille que je n'avais jamais vue. Elle ne me voyait pas mais cela m'importait peu. La voir suffisait à me rendre heureux. J'imaginais qu'un jour ses lèvres viendraient se coller aux miennes, qu'elle me regarderait amoureusement avec ses yeux pétillants et que ce jour-là resterait à jamais gravé dans ma mémoire. Evidemment cela n'arriva jamais. Et aujourd'hui, mélancoliquement, je repense à elle, mon esprit étant transporté par des nappes synthétiques d'un autre monde, par des mélodies qui me font perdre pied. Les dernières notes de A Ritual In Death And Time résonnent mais mon esprit divague encore, hanté par la beauté qu'affichait cette fille. La musique s'estompe, ma mélancolie retombe. Mon sourire béat disparaît lentement. La prochaine fois que j'aurai envie de rêver, je mettrais à nouveau mon casque et je laisserais les arpèges mélodiques de cet album m'emporter vers des contrées lointaines et une mélancolie lointaine. Je fais confiance en Ulrich Schnauss car je sais que le voyage sera beau. Les larmes de la mélancolie sont toujours belles. 

Note indicative : 8.5 / 10