lundi 18 février 2013

Jimi Tenor & Kabukabu - The Mystery Of Aether


Artiste : Jimi Tenor and Kabukabu


Album : The Mystery of Aether


Label : Kindred Spirits


Sortie : 28 janvier 2013


Tracklist : 

1. Selvänäkijä (Clair-voyant) ( 4:35 )
2. Africa Kingdom ( 5:13 )
3. Suite Meets ( 4:08 )
4. Dance Of The Planets ( 5:48 )
5. Curtain Of Steel ( 2:32 )
6. Starstuff ( 5:44 )
7. Universal Love ( 6:05 )
8. Resonate And Be ( 3:48 )
9. Afroeuropean ( 3:48 )
10. Eternel Mystery ( 4:07 ) 

Chronique :     

 Si Jimi Tenor (Lassi Lehto de son vrai nom) débuta sa carrière en 1988 avec son groupe (nommé "Jimi Tenor and the Shamans"), c'est en 1994 qu'il se fit connaître grâce au tube "Take Me Baby", titre techno bizarroïde et robotique. Ce titre, présent sur son premier album en solo "Sähkhömies", n'est pourtant pas le titre plus représentatif de l'album ni même de la musique du finlandais. Que ce soit sur "Sähkhömies" ou bien sur "Europa" son second opus, on sent tout son amour pour le saxophone et pour les synthétiseurs.  Et ce n'est pas son troisième album solo "Intervision" ( son premier album sorti sur le prestigieux label Warp ) qui va nous contredire. Bien au contraire, en ajoutant une composante futuriste à son oeuvre, Jimi Tenor confirme tout le bien qu'on pensait déjà de lui. S'en suivirent le très electro et sexy "Organism" ainsi que le grandiose et osé "Out Of Nowhere" qu'il a élaboré avec l'aide de l'orchestre du Grand Théâtre de Lodz en Pologne. Sur cet album, on découvre véritablement l'incroyable beauté et force du falsetto de Jimi Tenor, et notamment sur le titre "Paint the Stars", une complainte magnifique où se mêlent piano et falsetto dans une harmonie parfaite. Pour être honnête, je n'ai jamais autant pleurer que sur ce titre et je ne suis pas encore totalement remis de l'émotion que ce morceau faussement naïf dégage. Sur ce même album se trouve aussi l'excellent "Better than ever" avec ses Backing Vocals entraînantes et un Jimi Tenor qui nous dit : "It feels better than ever before". Et je le crois, je sêche mes larmes et souris. Je ne peux qu'être heureux après avoir pu écouter un tel  album, un album grandiose dans tous les sens du terme ( aussi bien dans l'intention que dans le résultat ). Ensuite Jimi Tenor quitta Warp pour sortir quelques albums sur le label Kitty-Yo, albums sur lesquels il impose une folie à la Lalo Schifrin en utilisant toujours à bon escient ses saxophones qui ne semblent jamais le quitter.  En 2007 et 2009, il sort deux albums avec Kabu Kabu, un groupe d'Afrique de l'Ouset appréciant la musique afrobeat basé à Berlin, qui mêlent donc afrobeat, jazz, saxophone et synthétiseurs. 

"The Mystery of Aether", puisque c'est lui qui nous intéresse aujourd'hui, est le troisième album que Jimi Tenor réalise avec Kabu Kabu. Si globalement la recette reste la même : du synthé, du saxophone, des percussions et des trompettes, on peut néanmoins qu'être bluffé par les 10 compositions de cet album. L'album commence avec "Selvänäkijä", un titre instrumental assez classique dans le fond comme dans la forme qui est là pour nous dire que Jimi Tenor & Kabu Kabu vont faire ce qu'il savent faire de mieux, c'est à dire de l'afrobeat mêlé à du jazz. "Africa Kingdom" nous dévoile des percussions entêtantes accompagnés par la voix de Kumar. On sent tout de suite qu'on a affaire à des gens qui maîtrisent parfaitement leur affaire. Et quand à environ 3:40, on assiste à une rupture et qu'on se met à entendre un Jimi Tenor qui prend l'afrobeat pour de la pop, on est conquis et on ne peut s'empêcher de l'accompagner. Tout devient limpide et on se rend compte que ce mec a tout compris. Et la suite est juste là pour confirmer. On navigue entre pop cosmique et mélodies africaines impeccables. On se prend une avalanche de sax, de percussions dans la tête. Toutes les mélodies sont incroyablement trouvées et on est entraîné dans sa folie. On se surprend à chanter avec Jimi Tenor, bouger ses petites fesses au rythme des percussions et à se dire : "Putain si seulement j'avais 1/10ème de ce talent". L'album contient une énergie incroyable, les instruments ( cordes, percussions, saxophones, trompettes ) se marient à la perfection. Et quand arrive le dernier titre "Eternal Mystery", sublimé par la voix si particulière mais émouvante de Jimi Tenor, on se dit que tout est déjà malheureusement fini. Et alors on appuie à nouveau sur le bouton "Play", tout simplement. 


Note indicative : 8.6 / 10 

 

dimanche 3 février 2013

Jori Hulkkonen as Third Culture - Negative Time




Artiste : Jori Hulkkonen as Third Culture


Album : Negative Time


Label : My Favorite Robot Records


Sortie : 24 septembre 2012


Tracklist : 

1. I Have Killed Time ( 3:02 )
2. Technowater ( 5:39 )
3. Liquid Hologram feat. Jii Hoo ( 5:26 )
4. Spatial Needs ( 5:43 )
5. Step Inside feat. Harry Falck ( 5:49 )
6. Do It feat. Olga Kouklaki ( 6:06 )
7. IO ( 5:58 )
8. Options feat. Harry Falck ( 9:14 )
9. Bass Is A Many Splendored Things ( 5:10 )
10. Vile Talk feat. Jii Hoo ( 7:13 )
11. Negative Education ( 6:54 ) 

Chronique :     

Je pense qu'il est inutile de présenter Jori Hulkkonen, l'un des artistes finlandais les plus doués de sa génération avec l'extravagant Jimi Tenor et l'exigeant et prolifique Vladislav Delay ( également très connu sous le pseudonyme de Luomo ). Pour être bref, Jori Hulkkonen c'est 6 albums sur le label F Communications ( le défunt label d'Eric Morand et Laurent Garnier, rien que ça ), tous excellents. Jori Hulkkonen a réussi à s'imposer comme un maître de la techno réussissant à mêler dans ses albums une froideur toute scandinave avec la chaleur extrême de la deep house ( écoutez "Strangefaith" sur l'album "Different" ). Il a également participé à des projets à plusieurs ( Processory, Sin Cos Tan ) dont nous parlerons dans d'autres chroniques.

Mais passons à l'album. Il débute avec le science-fictionesque "I Have Killed Time" où une voix improbable nous dit qu'elle a tué le temps. Et en effet, quand on écoute "Technowater", on se dit que oui le temps est mort et que ce n'est pas plus mal tant ce titre nous sert une techno certes old-school mais de très grande qualité. Jusque là tout va bien, même très bien. Et là "Liquid Hologram" surgit, chanté par M. Jori Hulkkonen en personne. Pour ma part, c'est une putain claque que je me suis prise en écoutant ce morceau. Résolument pop dans l'âme ( mais pas exclusivement ), le morceau propose une construction rythmique assez simple mais diablement efficace accompagné d'un synthé démentiel. Hulkkonen nous scotche sur place en imposant sa classe tout en finesse.  "Spatial Needs" est un titre futuriste impeccable. Sur "Do It" , Olga Kouklaki nous demande "Why don't you do it for yourself?" et j'ai eu envie de répondre : "Mais tout ce que tu veux Olga. Je dis oui à tout!". Le reste oscille entre titre techno-futuriste impeccablement maîtrisé et efficace ( par exemple "IO" ) ou electro-pop lumineuse ( "Options" ). L'album se termine avec un "Negative Education" qui nous rappelle la techno de la fin des années 90 que pratiquait son ami Laurent Garnier notamment ( époque "Flashback" ).

Bref, cet album est un must-have de 2012, un album mêlant techno, pop et futurisme avec une élégance rare. Ce n'est certes pas surprenant de la part d'un artiste aussi génial que Jori Hulkkonen mais cela n'empêche pas que "Liquid Hologram", dès les premiers instants, m'as mis la trique et que celle-ci n'est retombé qu'après l'écoute du dernier titre.  Ecoute hautement recommandée ( problèmes érectiles ou non).  

Note indicative : 9.2 / 10